Hol Hamoèd Soukot

N° 435 "'Hol Hamoèd Soukot 19 tichri – 5766 ב"ה

RAV DOV BIGON

CECI ETANT

LE TEMPS DE NOTRE LIBERATION, DU DON DE NOTRE THORA
ET CELUI DE NOTRE JOIE


Les trois fêtes –"Pessah", "Chavouot" et "Soukot" forment un tout structurel qui unit le peuple d'Israël à son passé, à son présent et à son futur.

A Pessah, le temps de notre libération, nous avons été créé peuple, entité divine spécifique ; ou, pour citer le prophète : "Ce peuple, je l'ai créé pour Moi, pour qu'il publie Ma gloire" (Is. XLIII, 21) et sommes passés de l'esclavage à la libération grâce aux nombreux miracles que Dieu a accomplis à la vue de tous. A cette fête, notre peuple se dévoile comme "fils aîné de l'Eternel", choisi par Lui pour l'éternité, comme nous le disons chaque jour dans la prière : "Lui qui, avec amour, choisit Son peuple Israël" (Bénédiction qui précède le "Chéma" du matin).

A Chavouot, temps du Don de notre Thora, nous incarnons au niveau du vécu la "Bénédiction de la Thora" : "Qui nous a choisis d'entre tous les peuples et nous a donné Sa Thora" (Bénédictions de la Thora) ; là encore, au niveau du temps, dans ses trois modalités : "Béni sois-tu, Eternel, qui nous donne la Thora" (op. Cit. fin), éternellement : "Mon inspiration qui repose sur toi et les paroles que J'ai mises en ta bouche ne s'écarteront pas de ta bouche ni de la bouche de tes enfants, ni de celle des enfants de tes enfants, depuis à présent jusqu'à jamais" (Is. LIX, 21).

A Soukot, temps de notre joie, nous nous rappelons la Sortie d'Egypte et les Nuées divines qui nous protégeaient durant notre itinéraire dans le désert (cf. Ch. A. Or. H., 625 §1), comme il est dit : "Je vous ai portés sur des ailes d'aigles et Je vous ai amenés vers Moi" (Ex. XIV, 14). "Comme un aigle éveillant son nid, planant au-dessus de ses petits, Il étendit Ses ailes et les recueillit, les portant sur Ses ailerons" (Deut. XXXII, 11). Là encore, la Protection divine n'était pas occasionnelle mais constante, depuis le début de notre histoire incarnée par notre ancêtre Abraham fondateur de notre nation, jusqu'à la finalité de celle-ci, le Messie descendant de David, délimitation de notre temps historique que mentionne la "Amida", "Protecteur d'Abraham", et la bénédiction de la "Haftara", "Protecteur de David" (porteur de sa finalité, le Messie).

A Soukot, temps de notre joie, nous dévoilons notre spécificité et notre mission de "Lumière des peuples", au paroxysme de la joie, comme le rapportent nos Sages. Celui qui n'a pas assisté à la joie du "Beit Hachoéva" (où l'on puisait de l'eau pour le Temple) n'a jamais vu de joie (authentique) (Traité de la "Michna" "Souka" 5, 1).

Ceci étant : sans cesse davantage, nous devons approfondir nos racines historiques afin de contempler avec lucidité l'avenir qui nous est réservé. A Pessah, nous passons de l'esclavage à la liberté et, de même, notre génération, après deux mille ans d'exil. Mais la liberté étatique ne suffit pas. A présent, nous devons viser la liberté spirituelle, comme il est dit (relativement aux Tables du Témoignage ; cf. Ex. XXXII 16) : "Ne lis pas "gravées" sur les Tables mais "liberté" (suivant la manière de vocaliser le mot "חרות")". Au désert, nous avons reçu la Thora après notre libération ; de même, à notre génération, nous devons assumer la Thora avec une ferveur renouvelée. De la sorte, nous atteindrons le temps de notre joie, messianique, et la construction du troisième Temple. Alors, nous verrons concrètement comment "Je les amènerai sur Ma sainte Montagne, Je les comblerai de joie dans Ma Maison de Prière, leurs holocaustes et autres sacrifices seront les bienvenus sur Mon autel ; car Ma maison sera dénommée "Maison de Prières" pour toutes les nations" (Is. LVI, 7).

Joyeuse fête de Soukot !

Dans l'attente de la Délivrance pleine et entière.



RAV SHLOMO AVINER

ECOUTE-MOI, JE T'EN SUPPLIE


Tu ne m'écoutes pas même si tu prétends le contraire. Tes oreilles écoutent mais tout, dans les mouvements de ton corps exprime le contraire. Je le sens tout de suite, ne suis-je pas ta femme ?!

J'ai quelque chose d'important à te dire mais toi, tu ne m'écoutes pas, et j'en souffre. Lorsque tu te ressaisis, tout est si merveilleux, mais c'est si rare ! Je vois bien qu'en pensée tu voudrais t'évader, tout, dans tes gestes, le témoigne. Et lorsque le téléphone sonne, tu laisses échapper un soupir de soulagement. Alors, je me sens frustrée au plus profond de moi-même, le ressentiment agite mon âme et un complexe d'infériorité et d'impuissance s'emparent de ma personne. Soudain, je me vois totalement stupide, fermée et indifférente aussi, jusqu'à me haïr, je me sens coupable et veux crier vengeance.

Mais lorsque tu m'écoutes, tout est si merveilleux ! Soudain, tu m'insuffles à nouveau confiance et sécurité. Les mouvements de ton corps expriment l'attention, tu m'écoutes sans m'interrompre si ce n'est par de petites questions pour t'assurer que tu m'as bien comprise. Alors, je m'emplis d'assurance, de calme intérieur et, de moi, se dégagent chaleur, sympathie, joie et puissance. Je redeviens créatrice et intelligente, refais confiance comme un enfant et redeviens reconnaissante, je t'aime ! Si cela pouvait durer !

Mais lorsque je me mets à te livrer mon cœur, tu me fais comprendre que je souffre de logorrhée. En réalité, je saisis avec avidité l'occasion qui m'est offerte de te parler. Mais toi, tu ne m'écoutes pas, je le vois bien. Je te sais grée de tous les cadeaux que tu me fais mais celui que j'attends réellement, c'est de l'attention.

Lis, je t'en prie, ce petit poème anglais anonyme, "Listen" ("Ecoute") que, pour toi, j'ai traduit en prose.

Lorsque je te demande de t'écouter et que tu me donnes de bons conseils, tu ne fais pas ce que je t'ai demandé. Lorsque je te demande de m'écouter et que tu te mets à m'expliquer pourquoi tu ne dois pas ressentir ainsi, tu foules aux pieds mes sentiments. Lorsque je te demande de m'écouter et que tu penses que tu dois faire quelque chose pour résoudre mes problèmes, tu me désespères, aussi surprenant que ce soit.

Voilà pourquoi aussi, peut-être, la prière est une aide car, parfois, le Maître du monde, silencieux, ne donne pas de conseil et ne cherche pas non plus à arranger les choses mais écoute et compte sur nous pour les arranger. Aussi, je t'en supplie, écoute-moi, et si tu veux parler, aie la patience d'attendre. Alors, je te le promets, je t'écouterai.

(Traduit et adapté par Maïmon Retbi, spécialisé dans les sujets kodech, hébreu/français)

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