F - Paracha "Michpatim"

N° 60=4 Paracha "Michpatim" – 29 shvat 5767 – ב"ה

RAV SHLOMO AVINER

DE N'ALLER QU'AUX TRIBUNAUX RABBINIQUES

"Voici les lois que tu devras exposer devant eux (devant les enfants d'Israël) (Ex. XXI, 1)" – "Devant eux mais pas devant les (tribunaux) non juifs. Même si on sait qu'ils jugeront ce procès comme les tribunaux rabbiniques, on n'ira pas comparaître devant eux car celui qui agit de la sorte profane le Nom de l'Eternel et donne du crédit à l'idolâtrie" (Rachi ; d'après "Torat 'Haïm", "Mossad Harav Kook") ; autre interprétation : "devant eux mais pas devant les (tribunaux) non juifs – Devant les juges d'Israël mais pas devant de simples particuliers" (Traité "Guitin" 88 b). "Celui qui juge à la manière des non juifs ou dans leurs tribunaux, même s'ils jugent comme les tribunaux rabbiniques, celui-là est dit "pervers" et (se comporte comme si) il insultait et bafouait la Thora de notre ancêtre Moïse, comme il est dit : "Voici les lois que tu devras exposer devant eux" – et non pas devant les non juifs" (Maïmonide, "Hil'hot Sanhédrin", 26, §7, Ed. Frankel et du Rav Kapa'h).

Le Rashba (Responsa, rapporté par le Be Y. Ho. M) explique en substance qu'en aucun cas, on ne saurait comparaître devant un tribunal non juif même si les deux partis y consentent, comme l'enseigne le verset ci-dessus cité, sous prétexte qu'en Diaspora "La loi de la puissance ambiante est la loi". Par-là, poursuit le "Marsha", il usurpe les prérogatives de la Thora, sape les fondements de celle-ci et ceux de la religion et, s'il s'obstine à suivre cette conception fallacieuse, il anéantit toute la législation de la Thora et tous les livres de la Thora orale, depuis l'époque de la "Michna" jusqu'à la nôtre, et, finalement, entraîne la mort sur lui et sa famille. "Soutenir cette position c'est –à Dieu ne plaise- extirper d'Israël toute la législation judiciaire" (Darkhé Moché" 46, §360), ce contre quoi le Rama mettait déjà en garde (Annotations sur Ch. 'A. Ho. M. 369, §11).

Dans le même esprit, l'éminent Rabbin Herzog écrit en substance qu'en Israël, il est impensable qu'un religieux authentique soit jugé suivant des lois non juives, ce qui, dans notre pays, serait une révolution terrible et, à l'étranger, un horrible blasphème, ce qui reviendrait à se couper définitivement de la Thora, sans parler des incidences nationales. D'ailleurs, ajoute le grand Maître, nos ancêtres ont fustigé ceux qui comparaissaient devant les tribunaux non juifs même s'il jugeaient comme les tribunaux rabbiniques, ce qui est infiniment plus grave lorsque cela se passe en Israël, comme si, dans notre pays, il n'y avait pas de juges authentiques (d'après "Hatora Véhamédina", tome VII, 6-9) ; dans le même esprit, cf. également 'Hazon Ich" 15, §2 fin). Le Rav Tzvi Yéhouda, lui aussi, déplorait cruellement l'existence de l'appareil judiciaire actuel, pur blasphème puisqu'il se réfère au droit romain, turc et anglais et s'abstient de nommer des juges qui suivent la législation rabbinique authentique d'Israël (d'après les propos du grand Maître, tenus lors d'un congrès rabbinique, "Lintivot Israël" II, 160). De plus, explique l'éminent Rabbin Obadia Yossef, nos ancêtres ont juré d'observer éternellement la Thora ; il est donc d'autant plus grave de juger et d'être juger suivant des lois qui renient celles de la Thora (d'après Responsa "Yé'havé Da'at" 4, §65 ; cf. également l'éminent Rabbin Jacob Ariel "té'houmin" 1, 319 ; l'éminent Rabbin Abraham Shapira "té'houmin" 3, 239 ; l'éminent Rabbin Mordékhaï Eliyahou "té'houmin" 3, 244 ; l'éminent Rabbin Zalman Goldberg, 4, 342 ; le Rabbin Sho'hetman "té'houmin" 13, 337).

On ne peut être jugé par des instances non rabbiniques que si celui auquel on a attenté un procès refuse de comparaître devant un tribunal rabbinique et après avoir reçu de ce dernier l'autorisation de le faire.
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