F - Paracha "Ekev"

N° 527 – Paracha "Ekev" – 22 Ména'hem av 5765 ב"ה

RAV DOV BIGON

CECI ETANT

LE SACRIFICE DE SOI ET L'AMOUR NE SERONT PAS PERDUS


Le sacrifice de soi des habitants de "Goush Katif" ne sera pas perdu. On n'évalue pas la réussite d'après le pouvoir de Sharon d'avoir expulsé les vaillants habitants de cette région mais d'après les immenses expressions d'amour et l'esprit de sacrifice qu'ils ont témoignés à l'égard d'Eretz Israël et de la Thora, mus par la foi inébranlable que cette terre appartient à notre peuple exclusivement, comme Dieu l'a promis à notre ancêtre Abraham : "Car tout le pays que tu vois, Je te le donnerai, à toi et à ta descendance, pour toujours" (Gen. XIII, 15). Et Rachi d'expliquer : en demandant : "Eternel, comment puis-je vraiment savoir qu'elle sera mienne ?" (Ibid. ibid., 8), le "héros de la foi" ne remettait pas en question l'authenticité de la Parole divine mais il voulait savoir par quel mérite la promesse se réalisera-t-elle ? – Par celui des "sacrifices", entendu par-là le sacrifice de soi qui caractérisera notre peuple pour posséder son pays. Effectivement, il n'a pas cessé de croire en son bon droit, ce qu'il a exprimé sans relâche dans ses prières ferventes et ses actes de bravoure, même lorsqu'il en a été expulsé de force par les Babyloniens et les Romains après la destruction du premier et du second Temple.

Depuis deux mille ans, à chaque génération, "ceux qui, en rescapés (spirituels), ont eu le mérite d'être désirés par Dieu" (Sources, passim), dévoilent cet amour et cet esprit de sacrifice de soi pour notre peuple et la Thora, petit nombre qui, à chaque génération, donne du crédit à la collectivité.

Ceci étant – Les héros de "Goush Katif" et ceux qui, par dizaines de milliers, sont venus les soutenir avec une vaillance digne de tous les éloges, sachez que votre esprit de sacrifice et votre amour donnent du crédit à vous, à vos familles et aux générations à venir. Vous êtes ces "rescapés" qui continuent la tradition spirituelle des Patriarches, de Josué et de Calev, qui ont conservé leur foi intacte lorsqu'ils étaient une infime minorité, du roi David qui, vaillamment, s'est opposé au géant Goliath et aux autres ennemis d'Israël. Vous êtes les héritiers spirituels de Matitiyahou et de ses enfants qui n'ont pas plié le genou devant les Hellènes (les Grecs, comme on dit à tort), de ceux qui, au sens propre, se sont sacrifiés au nom de leur foi lors de l'Expulsion des Juifs d'Espagne, de la "Révolte des Ghettos" (à l'époque de l'Holocauste), disciples spirituels des premiers pionniers qui ont donné leur vie pour Eretz Israël, les Trumpeldor de notre génération qui lui donnent du crédit !

Vous sauvez l'honneur du peuple, de la terre et de la Thora d'Israël de l'opprobre et du terrible blasphème commis par Sharon. Ce sont des gens comme lui que Daniel avait à l'esprit en évoquant "l'ignominie et l'horreur éternelles) ; Et de Vous, habitants de "Goush Katif", les plus sublimes et les plus aimés de notre peuple lorsqu'il parlait de "la vie éternelle" (cf. Dan. II, 2 ; relativement à la Résurrection des Morts, mauvais et bons) vous, "Sages qui resplendissez comme l'éclat du firmament, et ceux qui auront dirigé la multitude dans le droit chemin, comme les étoiles, à tout jamais" (ibid. ibid.), vous qui contribuez grandement à réaliser la Promesse divine mentionnée plus haut de donner à notre peuple, héritier physique et spirituel d'Abraham, Eretz Israël dans sa totalité en héritage perpétuel, et celle de faire de nous une source de bénédiction pour les Nations, (cf. Gen. XXII).

Dans l'attente de la Délivrance pleine et entière.

RAV SHLOMO AVINER

UN ETAT LAIC OU LE ROYAUME DE DIEU SUR TERRE ?

Dieu dit à notre ancêtre Abraham : "Je te ferai devenir une grande nation (Gen. XII, 2), "Un royaume de prêtres et un peuple saint" (Ex. XIX, 6), "le Fondement du Trône divin sur terre" ("Orot", page 164).

Mais actuellement, hélas, nombreux sont ceux qui considèrent notre état comme "laïc", comme les autres. C'est pourquoi les ultra religieux prennent leur distance à son égard, les nationaux religieux sont assis entre deux chaises et les non religieux sont contents. A l'époque, l'éminent Rav Its'hac Raïnes, fondateur du "Mizra'hi" (à l'origine du mouvement national religieux) expliquait : Dieu a fait en sorte que le mouvement sioniste ne soit pas religieux. S'il l'avait été, les laïcs se seraient coupés de lui et, partant, d'Eretz Israël. De la sorte, ils s'y sont ralliés, puis les religieux des diverses tendances. Mais comment pourraient-ils se rallier à un état d'apparence laïque ? – Lorsqu'ils comprendront que la réalité étatique se façonne et passe par différents stades, qu'elle ne se fera pas magiquement mais progressivement. Au début de la royauté, sous Saül, les Anciens d'Israël demandèrent un roi pour les gouverner, "comme tous les peuples" (Sam. I, VIII, 5). Assurément, Saül était un Juste mais l'état était laïc, d'où l'apparition de crises graves. David, son successeur, instaura le "Royaume de Dieu sur terre" ; néanmoins, le stade préliminaire de Saül était de la première importance, même si "chacun faisait ce qui lui plaisait" (Juges XVII, 6). L'unité et la responsabilité nationales sont en soi des idéaux élevés, condition sine qua non du stade plus élevé, celui du "Royaume de Dieu sur terre".

Ces considérations s'inspirent d'un regard médiatisé et rationnel sur l'histoire ; mais, en profondeur, Consciemment ou non, l'aspiration inhérente à notre nation de retourner vers sa mère patrie exprime la quête de l'Eternel.

Les crises ne concernent pas seulement la relation à l'Etat mais aussi la vie individuelle. En profondeur, elles ont pour origine une crise au niveau de la foi ; loin d'émaner de l'effondrement des idéaux, elles expriment au contraire l'aspiration de notre génération aux idéaux les plus sublimes mais, ne les trouvant pas, elle sombre dans le désespoir et le nihilisme. Elle est avide de spiritualité mais cette aspiration demeure inassouvie parce que, précisément, elle a délaissé l'étude de la Thora dans sa dimension spirituelle. Mais, répétons-le, la quête de l'Eternel est enfouie au sein de la génération à l'instar de l'âme dans les profondeurs du corps, du Monde futur à l'intérieur de ce monde-ci.

De la violente aspiration à retourner sur notre Terre, explique le Rav Kook émane la Lumière de la "téchouva" (retour vers soi et vers Dieu) mais elle est recouverte de scories ("Orot Hatéchouva" 17, 2) car la Délivrance en cours d'effectuation est déjà latente dans la "Knesset Israël" (l'entité céleste et idéelle d'Israël). Là, elle subit un travail d'élaboration dans les arcanes de son âme.

C'est pourquoi on n'a d'autre choix que de faire montre de patience et de propager la Lumière, source de la Rédemption.

(Traduit et adapté par Maïmon Retbi, spécialisé dans les sujets kodech, hébreu/français)

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