F - Paracha ""Ekev"

 

N° 577 Paracha ""Ekev" – 18 av 5766 - -ב"ה


(L'article du Rav Dov Bigon ne nous est pas parvenu à temps, nous en sommes désolés)


RAV SHLOMO AVINER


TEMPS D'ANGOISSE OU TEMPS D'HEROISME ?


(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)



Paraphrasant un verset prophétique pour parler de la situation actuelle, certains disent : "Un temps d'angoisse pour Jacob" (Jér. XXX, 7). Au contraire, on devrait dire : "Un temps d'héroïsme pour Jacob" (d'après op. cit.)


Par "temps d'angoisse" on entend l'anéantissement d'Israël comme Etat, lors de la destruction du premier et du deuxième Temple, l'expulsion des Juifs d'Espagne, l'Holocauste, les premiers jours de la Guerre de Kippour, lorsqu'on ne savait pas comment arrêter l'armée égyptienne, que nos stocks d'armements commençaient à s'épuiser et que, comme dernier recours, nous avions doté un missile d'une ogive nucléaire.


En revanche, si nous frappons l'ennemi c'est bien du "temps d'héroïsme" qu'il s'agit. On doit contempler la réalité d'un regard lucide et ne pas se leurrer. Dans le monde, nous avons de nombreux ennemis ; des centaines de millions d'Arabes autour de nous, un milliard de musulmans et le même nombre de chrétiens qui, eux non plus, ne nous portent pas spécialement dans leur cœur.


Assurément, le jour viendra où "un peuple ne tirera plus l'épée contre un autre peuple et (où) on n'apprendra plus l'art des combats" (Is. II, 4). Mais, entre-temps, nos guerres font partie du "début de la Délivrance", pour citer une expression de nos Sages (Traité "Méguila" 17). Lorsqu'on est incapable de se défendre ou qu'on ne le veuille pas tant on est terrorisé, alors le verset en question se justifie, ce qui n'est pas le cas dans la situation présente.


Certes, la mort d'un Juif –soldat ou simple citoyen- est une tragédie. A la guerre, il y a des morts, c'est un fait pour ainsi dire naturel, ce qui ne le rend pas pour autant moins horrible. La route elle aussi fait des victimes : 1,5 par jour, par la cigarette : 30 par jour, ce qui, véritablement pose la question du "pourquoi" et du "pour quoi" ?


Toute tragique qu'elle soit, la mort d'un civil n'est que de portée individuelle ; sinon, on serait constamment en deuil national. Dans la guerre présente, le gouvernement, l'armée, les habitants du nord du pays, l'unité et le consensus, tout cela témoigne de l'héroïsme, d'autant plus que l'ennemi en question agit avec la dernière cruauté, au mépris de toutes les retenues morales.


Aussi, qu'on ne vienne pas nous apprendre quoi faire ou nous donner des leçons de morale en nous disant de faire la paix. Y a-t-il un peuple plus épris de paix que le nôtre ? Mais parfois, en se voulant plus royaliste que le roi, on oublie les choses les plus élémentaires. Si on est agressé, on doit répondre immédiatement coup pour coup.


En exil, on était comme "un troupeau à l'abattoir", agneaux entourés de lions. Mais avec la création de l'Etat, c'est nous qui redevenons ce noble animal et recouvrons notre héroïsme d'antan, étonnés de notre puissance mais, aussi, éminemment conscients que "Dieu marche devant nous" (passim).

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