F - "'Hol Hamo'ed Soukot"

N° 636 "'Hol Hamo'ed Soukot" – 17 tichri 5768 – ב"ה

RAV DOV BIGON

CECI ETANT

ISRAEL ET JERUSALEM, LE "CŒUR" DU MONDE

(Traduit et adapté par Maïmon Retbi)

La Thora commence par les mots : "Au commencement (Béréshit") Dieu créa le ciel et la terre" (Gen. I, 1) et se termine par "Ou les actes puissants et les visions remarquables que Moïse accomplit aux yeux de tout Israël" (Deut. XXXII, 14). La première lettre de la Thora, "bèt" (de "Béréshit" et la dernière, "lamed" (de "Israël"), inversées, forment le mot "lèv" ("lamed-bèt", "cœur"), allusion au fait que notre nation est le "cœur" du monde et de l'humanité, comme l'explique Rabbi Yéhouda Halévi : "Israël est comme le cœur, et les nations, comme les autres membres (de l'organisme)" ("Couzari" 2, §37). Dans le même esprit, Rashi rapporte un enseignement du "Midrash" (ad loc.) : Béréshit "au commencement" – Dieu a créé les cieux et la terre pour "béréshit". Or, essentiellement, le mot "réshit" renvoie à Israël.

Notre peuple a pour destination de magnifier l'honneur dû à l'Eternel, ce qui va de pair avec l'honneur, plus ou moins grand, que ressentent les nations à l'égard de la nôtre et qui se magnifie, entre autres, par notre renaissance nationale et par les victoires sur nos ennemis. "Il (l'Eternel) a soumis des nations à notre empire, jeté des peuples sous nos pieds" (Ps. XLVII, 4) Alors, "O peuples ! Battez des mains, faites retentir des cris de joie en l'honneur de Dieu (ibid. 3) !", "Car l'Eternel est élevé, redoutable, un grand Roi sur toute la terre" (ibid. 2).

Ceci étant – Le mot "réshit", comme renvoyant à l'idée que le monde a été créé pour Israël, se retrouve fréquemment dans la Bible, chez Isaïe, par exemple : "Dès le début ("miréshit") J'annonce les choses futures…" (cf. Is. XLVI, 10). A la Fin des Temps, il deviendra tangible pour tous que "C'est de Sion que sort la Thora et de Jérusalem la Parole de l'Eternel" (Is. II, 3), cette ville étant, au sens propre, la "Lumière du monde". La tradition héritée des Prophètes et des Sages nous enseigne que, lorsque notre peuple renaîtra à la vie sur sa Terre, il sera confronté aux nations qui voudront éteindre la "Lumière" émanant de la ville sainte, comme il est dit : "Pourquoi les peuples se démènent-ils et les nations agitent-elles de vains projets ? Les rois de la terre se soulèvent, les princes se liguent ensemble contre l'Eternel et Son oint (Ps. II, 1-2) !" La menace ne viendra pas seulement de l'extérieur mais aussi du sein de notre peuple. Des gens à la foi chancelante qui n'ont pas étudié la Thora et qui ne comprennent pas la signification nationale et cosmopolitique de l'exercice de notre domination sur Jérusalem chercheront, à Dieu ne plaise, à la diviser. En brader ne serait-ce qu'une partie, c'est entraîner la résurgence des ténèbres.

Mais le jour est proche où l'Eternel mettra en pratique la promesse de restituer l'ensemble de Jérusalem à Son peuple et que celui-ci rayonnera à nouveau sur le monde tout entier. Ce faisant, "Comme un fils que sa mère console, ainsi vous consolerai-Je, et c'est dans Jérusalem que vous trouverez votre consolation" (Is. LVI, 13).

Dans l'attente de la Délivrance pleine et entière, heureuse fête de "Sim'hat Thora ! "

RAV SHLOMO AVINER
Directeur de la Yéshiva "Atéret Yéroushalaïm"

QUELQUES REFLEXIONS SUR LES GREFFES

Mille personnes attendent de recevoir des organes ; pour eux, c'est une question de vie ou de mort. Pendant des mois, elles espèrent et finissent par mourir. Entre-temps, d'autres meurent et emportent avec elles dans la tombe des organes sains qui auraient pu sauver des vies humaines, cela fait pitié !

D'aucuns diront qu'il est interdit d'en sauver une pour en tuer une autre ? – C'est évident. Il y a de nombreuses années, s'appuyant sur cet argument, l'éminent Rav Moshé Feinstein interdisait les greffes de cœur qui tuaient celui qui le donnait et celui qui le recevait. Mais, depuis, beaucoup de temps est passé, la médecine a fait d'immense progrès et l'éminent Rabbin a défini la mort par l'absence d'activité cérébrale, suivi en cela par les Primas de Sion il y a une vingtaine d'années, ce qui, en principe, devrait permettre de pratiquer les greffes. En d'autres termes, La "mort du cœur" n'est pas nécessaire, il suffit que l'activité cérébrale ait cessé, y compris le centre respiratoire.

D'autres avanceront peut-être que certains médecins sont des escrocs et mentent lorsqu'ils déterminent la mort pour prélever des organes qu'ils grefferont ensuite pour accroître leur renommée ou pour toute autre raison personnelle. Le prétendre, c'est pure méchanceté et c'est calomnier des hommes extraordinaires qui vouent leur vie à servir les autres et qui, en retour, se voient fustigés en groupe ! Certes, comme dans toute autre profession, il y a des escrocs ; on n'accusera pas pour autant l'ensemble du corps médical de ce travers, pratique antisémite par excellence ! "Si un seul homme faute, feras-Tu sévir la colère divine contre toute la communauté" (Nom. XVI, 22) ?!" On a pris des médecins en défaut mais on n'a jamais vu l'un d'entre eux tuer intentionnellement son patient pour prélever sur lui un organe. D'ailleurs, ces pratiquants n'établissent pas le constat de décès. En règle générale, les médecins sont dignes de tout éloge. Par les greffes, ils ne redonnent pas seulement la vie, mais une "qualité de vie". Personnellement, je connais une femme qui était devenue une loque humaine raccordée à un appareil d'oxygène. Après une greffe, elle a retrouvé une vie authentique et son travail, infirmière dans un hôpital.

Il est faux de dire qu'on a peur de donner des organes et nombreux sont ceux qui ne sont pas dans ce cas. Parfois, un donneur peut sauver sept personnes ; elle en a que plus de mérite.

En Israël, les Arabes et les Juifs de Russie sont ceux qui donnent le plus d'organes. Pourquoi les Arabes ? – je ne saurais le dire. Quant aux Juifs de Russie, parce qu'ils sont obstinés et ne sont pas des religieux complexés. Fait étonnant, nombreux sont ceux qui, toute leur vie durant, on vécu en "non religieux" et, soudain, au moment de mourir, adoptent une attitude "religieuse" à l'égard de leur corps. C'est l'inverse –pour ainsi dire- qui aurait dû se passer! Après la mort, on devrait permettre aux autres de vivre. La Thora n'est-elle pas une "Thora de vie (passim) ?" Je préfère ne pas parler de ceux qui ne veulent pas donner un organe mais qui sont prêts à en recevoir, tout le monde sait ce que j'en pense et nul besoin d'en dire plus. Mais que faire si, par cela, des gens continuent de mourir ?! Certains n'osent pas faire le premier pas, pris entre les rabbins qui veulent superviser et les médecins qui s'y opposent?

Pour sortir de l'impasse, je demande instamment aux médecins de ne pas s'obstiner et d'accepter la présence d'un rabbin compétent en la matière si la famille le désire, et d'essuyer l'offense. De la sorte, on sera en droit d'espérer que le nombre de donneurs augmentera considérablement.

Bien plus. Il n'y a pas meilleur "talisman" que la carte de donneur. De nos jours, on en recherche et on en imagine tellement, pures supercheries, en général. Ce "talisman", au contraire, permet de sauver des vies humaines.

Lorsqu'il est revenu sain et sauf du combat, pour illustrer notre propos d'une parabole, le soldat était prêt à donner sa vie pour permettre à d'autres de vivre, expression d'une immense qualité d'âme. De même, après la mort, on sera heureux d'avoir assuré la survie d'autrui. Certes, on ne fait pas preuve d'héroïsme mais on met en pratique de bonnes dispositions, mérite qui vaut pour toute la vie.
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